La rivière du Thiou traverse la vieille ville d’Annecy. C’est le déversoir naturel du lac. Depuis toujours, son débit varie en fonction du niveau du lac. Les débordements et inondations dans la ville sont récurrents.
La Manufacture d'Annecy : un empire industriel
A l’origine, le site abrite un couvent appartenant à l’ordre des Clarisses. Le couvent, devenu bien national pendant la Révolution française, est acheté par le négociant lyonnais Jean-Pierre Duport en 1804.
Les machines à filer le coton sont actionnées par la force hydraulique du Thiou.
La Manufacture connaît un succès immédiat. En 1805, elle emploie déjà 450 ouvriers, majoritairement des femmes en des enfants. Les enfants sont surtout embauchés en tant que « rattacheurs ». Grâce à leur petite taille, ils passent sous les machines à filer pour rattacher les fils de coton cassés. C’est un travail très dangereux ; les machines continuent à tourner lors de ces opérations.
Prospérité et expansion
Sous la monarchie Sarde, la filature devient une Manufacture royale. Ce statut lui accorde certains privilèges et lui donne accès à un large territoire de clientèle situé des deux côtés des Alpes.
Face au succès, Duport agrandit et densifie le site de la filature. Pour mieux capter l’énergie de l’eau, un canal de dérivation est creusé sur la rive gauche, créant ainsi la petite île après le pont de la rue de la République. Il diversifie son activité et s’implante sur d’autres terrains à Annecy. Des ateliers de tissage, de teinture, de blanchiment et d’impression d’étoffes sont établis sur l’île Saint-Joseph et aux emplacements actuels de l’internat Gabriel Fauré et du Centre Bonlieu.
Difficulté et décroissance
La Manufacture d’Annecy rencontre des difficultés financières après le rattachement de la Savoie à la France en 1860. Elle perd son marché du Piémont et doit faire face à la concurrence des industries textiles françaises et étrangères. Elle ferme temporairement ses sites de production en 1864 et licencie environ 2000 ouvriers, soit 20% de la population annécienne.
La société est redressée par les nouveaux dirigeants de la famille Laeuffer, mais elle ne retrouve jamais la prospérité de l’époque sarde. La manufacture ferme ses portes définitivement en 1955.
Ce parcours a été conçu par l'équipe des guides-conférenciers de la Ville d'Annecy agréés par le ministère de la Culture, sous le label "Ville et pays d'Art et d'Histoire".
Moyens de communication
Horaires d'ouverture
- Toute l'année, tous les jours.
Localisation
Tarifs
Catégorie
- Ville ou Pays d'art et d'histoire
Prestation
- Ville ou Pays d'art et d'histoire
Patrimoine
- Site et monument historique
- Site industriel
- Quartier historique
- Patrimoine historique
Handicap
- Accessible en fauteuil roulant avec aide
- Revêtement dur
Multimedias
- Produits pour apprêt et teinture, Manufacture de coton d’Annecy et Pont, 19e siècle Crédit photo : cliché D. Vidalie, coll. des musées d’Annecy, N° inv. 4107
- Echantillon d’indienne collée sur carton, Manufacture de coton d’Annecy et Pont, 19e siècle Crédit photo : cliché D. Vidalie, coll. des musées d’Annecy, N° inv. 4106
- La manufacture vue du pont Saint Joseph Crédit photo : coll. G. Grandchamp, fonds de la photothèque des musées d’Annecy, N° inv. Série O 31
- Planche pour indienne légendée « Viva Italia », Manufacture de coton d’Annecy et Pont, 19e siècle Crédit photo : cliché D. Vidalie, coll. des musées d’Annecy, N° inv. 4104.8
- La manufacture, sous la partie voûtée, canal de fuite de la turbine Crédit photo : cliché B. Ruffet 1967, fonds de la photothèque des musées d’Annecy. N° inv. AB67
Autres suggestions pour Patrimoine industriel à Annecy
Le pont métallique qui franchit en diagonale le Thiou permet aux trains de quitter la rive gauche pour joindre la gare d’Annecy. À partir de 1866, les trains transportent des milliers de tonnes de marchandises provenant des usines de Cran et d’Annecy.
En 1893 le conseil municipal d’Annecy décide d’implanter un nouvel abattoir dans le quartier actuel de la Mandallaz. Le terrain est situé légèrement en retrait de la rive droite du Thiou, sur l’actuelle place de la Mandallaz.
Au début du 19e siècle, les boucheries du pont de l’Évêché se trouvent en mauvais état. En 1824, la Ville décide de construire des nouveaux abattoirs-boucheries à proximité, à la confluence du Thiou et du Vassé.
En 1919, Fernand Reignier installe son entreprise fromagère sur la rive gauche du Thiou, en contrebas après le Pont-Neuf. Le petit lait est ainsi déversé directement dans la rivière.
Au cœur du Vieil Annecy, le quartier de la manufacture rappelle l'existence d'une importante manufacture de coton qui était le centre d'un important ensemble textile fondé au début du 19e siècle par un industriel savoyard, Jean-Pierre Duport.
Dans l'histoire industrielle de l'agglomération d'Annecy, la papeterie Aussedat de Cran-Gevrier occupe une place centrale. Fondée au début du 19e siècle, le rôle qu'elle a joué dans le développement économique du territoire a été central.
Des abattoirs et des boucheries sont installés sur le Thiou depuis au moins le 14e siècle. Jusqu’à la fin du 19e siècle, les activités d’abattage et de vente de viande se pratiquent dans ce seul et même lieu.
Cette île au milieu du Thiou après le pont Saint-Joseph abrite des infrastructures hydrauliques au fil des ans. Au Moyen Âge, c’est un lieu d’activité artisanale avec moulins et battoirs. A partir du 19e siècle, l’île est dédiée à l’industrie du textile.
L'environnement naturel de l'île Saint-Joseph fait oublier aujourd'hui le passé industriel de ce lieu. A côté de la manufacture de coton, un ensemble d'ateliers industriels et textiles participait ici à l'essor économique d'Annecy.